Il y a quelques temps, je vous parlais d'un livre, une autobiographie, celle de Somaly Mam "Le silence de l'innocence"

silence


Ce livre m'a boulversée. Somaly y parle de son enfance au Cambodge.

Issue d'une famille très pauvre, elle doit travailler dur pour nourrir sa famille, elle ne mange presque rien.

Somaly sera "vendue" sexuellement à un marchand de riz par son grand père qui en avait faite son esclave domestique , elle n'a  que 12ans! Et le cauchemar s'amplifie quand elle est vendue à un bordel, elle a alors 17ans. Se rendant compte qu’elle avait été vendue à un bordel de Phnom Penh, elle se révolte. Le maquereau la « prend en main » : elle est alors sauvagement battue, violée et enfermée dans une chambre. Les jeunes femmes et fillettes achetées par le bordel sont systématiquement battues et violées jusqu’à leur soumission.

Cette situation n’est pas unique au Cambodge. Le processus de « dressage » ou d’abattage à pour fonction d’anéantir psychologiquement les personnes, de les rendre « fonctionnelles » comme prostituées, elles, dont le corps ne leur appartient plus. 

Somaly Mam doit faire cinq à six clients par jour. Elle a tenté de s’échapper avec un client qui semblait s’intéresser à elle. Arrivée à Battambang, elle est violée. Son client « sauveteur » l’avait vendue au routier qui l’a emmenée dans la deuxième ville du pays. Elle se sauve à nouveau. Elle atterrit en prison, où elle est battue et violée par plusieurs policiers. Relâchée, elle revient dans la capitale où la maquerelle l’attend. Battue pendant des heures, attachée nue sur un lit placé de façon à ce que les passants puissent la voir, violée tous les soirs par plusieurs hommes pendant une semaine, elle capitule et promet de ne plus s’enfuir.

Sa soumission lui permettra désormais de sortir du bordel et de racoler dans les boîtes de nuit. 

Malgré cela, la révolte couve, elle n’accepte pas la prostitution des fillettes. Elle aide une jeune gamine de 13 ou de 14 ans à s’enfuir du bordel. La fillette avait été achetée deux chi d’or, soit 80 dollars. La maquerelle exige le remboursement de cette somme ainsi que de l’argent perdu par l’absence au bordel de la jeune fille, Somaly Mam doit donc rapporter plus. Elle commence alors à racoler les prostitueurs étrangers qui payent mieux. 

Je restais libre à la condition de rapporter assez d’argent à la maquerelle. Celle-ci a laissé partir une de mes amies, qu’elle trouvait trop vieille, puis elle m’a proposée : « Maly, si tu veux partir, tu peux. » Mais je suis restée. C’était devenu un mode de vie, un travail, je ne savais rien faire d’autre. Je ne savais pas où aller (p. 47-48 
Le client paie et donc il est roi. Il a le droit de battre la fille, si tel est son bon plaisir. Il paie pour ses copains, qui viennent à cinq ou dix, et s’amusent tous ensemble avec la malheureuse. En général il sont ivres morts. L’arrivée, assez récente, des films pornographiques a entraîné une recrudescence et une aggravation des séances de sadisme [...] Beaucoup de filles meurent de ces mauvais traitements. On retrouve leurs corps dans une décharge ou dans les marais. Lors de l’incendie d’un bordel, on a retrouvé les cadavres carbonisés de plusieurs prostituées, qui avaient été enchaînées (p. 58.) 
Bref ce livre m'a démontré que mes petits malheurs ne sont rien comparé à ce qu'à enduré cette femme formidable.
 


Quand je ferme les yeux, je revois les tortures physiques. Je les préfère aux tortures morales. Somaly Mam. 

Somaly


Selon Somaly Mam et Emmanuel Dialma, 
La prostitution au Cambodge s’exerce à première vue de façon douce, presque innocente, avec le sourire : masseuses, vendeuses d’oranges, lanceuses de bière (beergirls), chanteuses de karaoké, taxi-girls, hôtesses, prostituées de rue... offrent leurs services dans la bonne humeur apparente. Mais la réalité est tout autre : si on enquête sur l’histoire des jeunes prostituées, on découvre que bon nombre d’entre elles ont été vendues alors qu’elles étaient vierges, puis violées, puis revendues à plusieurs reprises, exploitées sexuellement dans les réseaux de prostitution, battues, parfois torturées [...] Les victimes sont souvent poussées par la pauvreté, dupées par les trafiquants ou des proxénètes, voire par des familles peu éduquées qui, dénuées de protection sociale, livrent leurs enfants à des patrons d’établissements de prostitution chez lesquelles elles s’endettent. Ainsi se referme le piège sur ces jeunes victimes dont l’avenir est dès lors scellé. Peu nombreuses sont alors celles qui s’en sortiront. Beaucoup meurent du sida 
http://www.afesip.org/ 
BRAVO ET TOUS MES ENCOURAGEMENTS A SOMALY MAM 
J'aimerai tant pouvoir l'aider dans son combat